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Le SNMRHP (Syndicat National des Médecins Réanimateurs des Hôpitaux Publics) en 2015

Pr Benoît Misset, Président du SNMRHP


Le SNMRHP défend les intérêts des médecins réanimateurs des hôpitaux publics depuis environ 30 ans. A côté des autres syndicats catégoriels des praticiens des hôpitaux publics, le SNMRHP comporte plusieurs particularités : il représente l’ensemble des médecins de la discipline de réanimation, universitaires et non-universitaires, il est le seul syndicat à représenter les praticiens qui pratiquent la « réanimation » de façon exclusive, celle qui était autrefois appelée « réanimation médicale », c'est-à-dire sans y associer un autre exercice comme celui de l’anesthésie ou d’une autre discipline médicale.


Du point de vue de la discipline médicale d’exercice, le SNMRHP est membre du Conseil National Professionnel de Médecine Intensive et Réanimation (CNP-MIR), auparavant appelé « Fédération de la Réanimation », aux côtés de la Société de Réanimation de Langue française, du Collège des Enseignants de Réanimation, du Collège des Réanimateurs Extra Universitaires, du Groupe Francophone des Réanimateurs et Urgentistes Pédiatres, de l’Association des Réanimateurs du Secteur Privé, ainsi que du Conseil National des Universités de Réanimation.


Du point de vue syndical, le SNMRHP est membre de la Coordination Médicale Hospitalière (CMH), laquelle fait partie des cinq intersyndicales représentatives des praticiens hospitaliers à l’issue des dernières élections professionnelles. C’est par l’intermédiaire de la CMH que le SNMRHP peut faire entendre sa voix lors des négociations qui ont lieu avec le ministère des affaires sociales, notamment dans la préparation de la Loi de Santé portée par la ministre Marisol Touraine, dans les Commissions Régionales Paritaires (paritaires entre les représentants des praticiens hospitaliers d’une part et les représentants de l’ARS, des directeurs et des présidents de CME d’autre part). Par le biais de la CMH, le SNMRHP est aussi représenté dans la Commission Statutaire Nationale du Centre National de Gestion (CNG), permettant d’aider les praticiens hospitaliers en difficulté ou en recherche d’affectation.


Dans le passé, les principales actions du SNMRHP ont été de préparer et négocier les termes des décrets sur la réanimation, et d’appuyer la prise en compte des émoluments hospitaliers dans la retraite des hospitalo-universitaires. La période de préparation de la loi HPST avait été une période très ingrate pour le syndicalisme, et la préparation de la Loi de Santé de 2015 est l’occasion de faire entendre à nouveau nos positions.


Actuellement, le SNMRHP défend les positions professionnelles des réanimateurs sur quatre sujets principaux :

  1. L’attractivité du métier de réanimateur
  2. L’organisation territoriale des soins critiques
  3. La place du « service » au sein de la gouvernance hospitalière
  4. Le soutien des adhérents dans les conflits individuels

1) L’attractivité du métier de réanimateur :

Le métier de réanimateur comporte trois contraintes particulières : la permanence des soins (présence continue les jours, nuits et week-end), le suivi longitudinal des patients (critère plus présent que dans les autres disciplines à permanence des soins), et le travail en équipe. La qualité de chacun de ces trois aspects contribue à réduire la mortalité et la morbidité des patients - la iatrogénie -, ainsi que le burn-out des praticiens et des para-médicaux, c'est-à-dire la solidité et la pérennité des équipes. Récemment, la réduction des excès dans la durée du temps de travail ou l’application du repos à la suite d’une présence de nuit ont été associés à une réduction de la iatrogénie et du burn-out des praticiens. Dans les négociations actuelles, alors que certains syndicats d’urgentistes ont obtenu que la planification du temps de travail soit réalisée en « heures », le SNMRHP, avec d’autres syndicats des disciplines à permanence de soins, défend le fait, au sein de la Commission dirigée par le sénateur Jacky Lemenn, que le temps de travail puisse être planifié en 10 « plages horaires » hebdomadaires (et non pas seulement en heures), et que, pour respecter la directive européenne qui impose le respect d’un temps maximum de 48 heures de travail hebdomadaire, chaque période de 24 heures soit composée de « cinq plages » et non pas « quatre demi-journées » comme auparavant. Le choix d’une planification en « plages » ou en « heures » serait laissé à l’équipe concernée et le mode de planification choisi s’appliquerait à l’ensemble de l’équipe (pas seulement à certains individus). Cette disposition permettrait de reconnaître le travail effectué de façon équitable dans toutes les disciplines à permanence de soins, de faciliter la prise en compte des soirées « qui s’allongent » à cause de transmissions très longues avec l’équipe de garde ou à cause de l’augmentation du turn-over et de la sévérité « instantanée » des patients. Cette disposition permettrait aussi de conserver une souplesse dans l’organisation du travail, souplesse qui disparaîtrait dans un système de planification « horaire ». Enfin, nous défendons une revalorisation salariale au moment de l’entrée dans la carrière, puisque la différence de salaire est une cause évidente de la « fuite » vers le secteur privé.

2) L’organisation territoriale des soins critiques :

La distinction réglementaire entre unités de « réanimation » et de « surveillance continue » a abouti à individualiser des lits « intermédiaires » dans des « grands » hôpitaux pour faciliter l’aval de la réanimation, et à transformer des services de réanimation en USC dans des « petits » hôpitaux qui n’avaient pas le volume d’activité de réanimation ou pas les moyens de financer une équipe de réanimation suffisante pour assurer la sécurité correspondant aux référentiels de notre discipline. Ces transformations se heurtent à des difficultés de coopération avec des hôpitaux et des services de réanimation dits « de référence » dans le territoire géographique et avec l’absence de réelle planification des moyens destinés à remplacer l’organisation qui existait auparavant. A ce titre, le SNMRHP est engagé au sein du CNP-MIR à la préparation d’un référentiel d’organisation territoriale des soins critiques. De façon expérimentale, en coopération avec les représentants régionaux des disciplines de réanimation et d’anesthésie-réanimation, le SNMRHP a créé un groupe d’experts auprès de l’ARS d’Ile de France, pour le suivi du SROSS pour appuyer la prise en compte de nos principaux référentiels dans les restructurations qui modifient l’organisation des soins critiques et qui sont associés à des conflits entre l’ARS (au travers des décisions du SROSS) et les directions d’hôpitaux ou les services de réanimation ou d’USC concernés. Ce travail comporte notamment la réalisation d’une liste de critères « indispensables » pour assurer la sécurité minimale des patients et des équipes de réanimation, ainsi qu’un tableau de bord destiné à suivre l’impact des modifications réalisées. Ce type d’expérience pourrait être diffusé à d’autres régions si les premiers résultats sont positifs.

3) La place du « service » au sein de la gouvernance hospitalière

La question de la gouvernance hospitalière est au cœur de la réforme sur l’hôpital. Le « service » de réanimation est particulièrement concerné car la notion d’ « équipe » y est centrale pour la sécurité des patients. A ce titre, la reconnaissance du « service » en tant qu’entité indispensable au sein de l’hôpital, et le choix du chef de service sur des critères « de discipline » plutôt que de « soumission à l’autorité du directeur » sont fortement soutenus par le SNMRHP. Le choix du chef de service est crucial et doit être organisé par un médecin élu (tel que le président de CME) plutôt que par un médecin nommé par le directeur (tel que le chef de pôle) à l’inverse de ce qui était décidé par la loi HPST.

4) Le soutien des adhérents dans les conflits individuels

Le SNMRHP aide les adhérents ou les équipes qui le sollicitent individuellement. Un certain nombre de situations locales ont pu être ainsi améliorées, en prenant position sur des conflits entre l’équipe de réanimation et la direction de l’hôpital – notamment pour faire respecter certaines conditions de travail, ou bien entre les praticiens de l’équipe. Le SNMRHP a notamment soutenu des adhérents à se défendre contre des décisions disciplinaires infondées , à défendre les ratio de personnels paramédicaux imposés par le décret, à lutter contre l’intrusion administrative dans le secret médical, à lutter contre certaines discriminations, à peser contre des décisions administratives d’effectifs médicaux insuffisants pour assurer la sécurité des patients ou de restructurations de services incohérentes avec les besoins du bassin de population.

En résumé, le SNMRHP est particulièrement impliqué 1) avec la CMH dans les négociations autour de la Loi de Santé sur les sujets de la gouvernance, 2) avec le CNP-MIR sur les initiatives professionnelles pour améliorer la qualité de l’offre de soins en réanimation dans les territoires de santé, 3) avec les syndicats catégoriels sur la défense d’éléments d’attractivité pour la réanimation au sein de l’hôpital public, et 4) dans la défense de situations individuelles concernant des praticiens ou des équipes de réanimation

 
 
 
   
 
     
 
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